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Arrêter de travailler à 50 ans : combien faut-il, et que devient votre retraite ?

Pour arrêter de travailler à 50 ans avec 2 500 € de dépenses par mois, il faut entre 960 000 € et 1 815 000 € selon la part de ces dépenses que votre pension couvrira, pour que 90 % des trajectoires simulées tiennent jusqu'à 95 ans. La règle des 4 % annonce 750 000 €. L'écart vient de ce qu'un arrêt à 50 ans impose et que la règle ignore : 17 années à financer seul avant le taux plein, une pension figée à 112 trimestres sur les 172 requis, et un horizon de 45 ans exposé aux mauvaises séquences de marché.

Cette page traite le seul cas d'un arrêt à 50 ans, en euros. Elle publie les résultats du moteur de projection HorizonB, celui qui calcule les trajectoires dans l'application : 2 000 trajectoires de marché par scénario, fiscalité française appliquée enveloppe par enveloppe, pension calculée à partir des droits réellement acquis. La grille complète par âge d'arrêt, de 35 à 60 ans, est sur la page quel capital pour arrêter de travailler à 45, 50 ou 55 ans, dont cette page reprend le protocole. Aucun montant n'est une recommandation : ce sont des résultats conditionnels à des hypothèses que vous pouvez contester, et l'application les recalcule avec les vôtres.

1. Le capital nécessaire, en euros

Le tableau donne le plus petit capital de départ tel que 90 % des 2 000 trajectoires simulées financent toutes les dépenses de 50 à 95 ans inclus. La pension est exprimée en pourcentage des dépenses qu'elle couvre à partir de 67 ans ; la section 3 dit quelle ligne est réaliste selon votre carrière.

Pension nette à 67 ans 2 000 € par mois 2 500 € par mois 3 000 € par mois
Aucune (0 %) 1 452 000 € 1 815 000 € 2 178 000 €
Un quart des dépenses (25 %) 1 212 000 € 1 515 000 € 1 818 000 €
La moitié (50 %) 984 000 € 1 230 000 € 1 476 000 €
Les trois quarts (75 %) 768 000 € 960 000 € 1 152 000 €

En multiples des dépenses annuelles, ces quatre lignes valent 60,5, 50,5, 41 et 32 fois. Le taux de retrait initial correspondant va de 1,7 % à 3,1 % : la règle des 4 % n'apparaît nulle part.

Le taux de réussite est un curseur, et il a un prix. Pour 2 500 € par mois :

Pension nette à 67 ans 80 % de réussite 90 % de réussite 95 % de réussite
0 % 1 485 000 € 1 815 000 € 2 100 000 €
25 % 1 260 000 € 1 515 000 € 1 740 000 €
50 % 1 035 000 € 1 230 000 € 1 380 000 €
75 % 825 000 € 960 000 € 1 065 000 €

Avec un rendement réel des actions de 5,5 % par an au lieu de 4 %, la ligne à 90 % de réussite descend à 49,5, 42,5, 35,5 et 28,5 fois les dépenses : presque la colonne à 80 % de réussite. Supposer des marchés plus cléments revient à accepter plus de risque, avant le premier euro retiré.

Votre budget n'est pas dans ce tableau ? Le sélecteur de la page pivot transpose la grille à vos dépenses annuelles, sans changer aucune hypothèse.

2. Ce que 50 ans a de particulier

Un arrêt à 50 ans se compose de deux phases. Un pont de 17 ans, de 50 à 67 ans, où le portefeuille finance tout. Puis une croisière de 67 à 95 ans, où la pension couvre une partie des dépenses et où le portefeuille comble le reste. Le pont est la partie chère : chaque année de travail supplémentaire entre 45 et 55 ans réduit le capital requis de 1,2 à 1,4 fois les dépenses annuelles, soit 36 000 à 42 000 € par an pour un train de vie de 30 000 €. Arrêter à 55 ans plutôt qu'à 50 ans demande ainsi 195 000 à 210 000 € de moins, à couverture pension égale.

L'horizon compte autant que le pont. Sur 45 ans, une mauvaise séquence dans les premières années, quand les retraits portent sur un capital qui vient de baisser, est le risque principal d'un arrêt précoce. Les études qui fondent la règle des 4 % portent sur 30 ans : elles ne voient pas ce risque. Le mécanisme est détaillé dans comment ces 2 000 trajectoires sont simulées.

3. Votre retraite après un arrêt à 50 ans

Une carrière commencée à 22 ans et arrêtée à 50 ans compte 112 trimestres. Il en faut 172 pour le taux plein par la durée. Aucun trimestre ne s'ajoute après l'arrêt : la pension reste due, mais proratisée, et le taux plein ne s'obtient plus que par l'âge, à 67 ans.

Le tableau donne la pension que le moteur déduit des droits CNAV et AGIRC-ARRCO acquis à 50 ans, pour deux carrières encadrantes. Toutes deux commencent à 22 ans et progressent de 1 % par an au-dessus de l'inflation jusqu'à l'arrêt. Les montants sont en euros d'aujourd'hui, nets des prélèvements sociaux et de l'impôt sur le revenu : c'est ce qui reste à dépenser, et la seule unité comparable aux lignes de la section 1. Le pourcentage rapporte cette pension à 30 000 € de dépenses annuelles.

Liquidation Carrière modérée (28 836 € brut à l'arrêt) Carrière de cadre (72 090 € brut à l'arrêt)
À 64 ans, avec décote 8 841 € par an, soit 29 % 20 158 € par an, soit 67 %
À 67 ans, au taux plein automatique 10 303 € par an, soit 34 % 22 940 € par an, soit 76 %

La décote à 64 ans ne retient pas les 60 trimestres manquants mais les 12 trimestres qui séparent de 67 ans, avec un plafond de 20 :

Mretenu=min⁡(max⁡(0, min⁡(172−112, (67−64)×4)), 20)=12M_{retenu} = \min\left(\max\left(0,\ \min(172 - 112,\ (67 - 64) \times 4)\right),\ 20\right) = 12

Chaque trimestre retenu retire 1,25 % à la pension de base, et la complémentaire applique son propre coefficient de minoration : la pension de base baisse de 15 % et la complémentaire de 12 %, à vie. Les formules complètes sont sur la page calcul de la retraite CNAV et AGIRC-ARRCO.

Deux lectures. Une carrière modérée arrêtée à 50 ans se situe entre les lignes 25 % et 50 % de la section 1 : le capital requis est de 1 230 000 à 1 515 000 € pour 2 500 € par mois. Une carrière de cadre atteint la ligne 75 % à 67 ans, mais pas au-delà : la pension ne couvre pas seule le train de vie, et un capital résiduel reste nécessaire. Le salaire pèse autant que l'âge d'arrêt ; votre ligne réelle demande votre propre carrière, ce que fait l'application (comment votre pension est calculée à partir de votre carrière).

4. Liquider à 64 ans ou attendre 67 ans ?

Liquider à 64 ans raccourcit le pont de trois ans, au prix d'une pension plus faible à vie. Le moteur tranche en rejouant les mêmes 2 000 trajectoires avec, pour chaque carrière, la pension correspondante de la section 3 :

Carrière Liquidation à 64 ans Liquidation à 67 ans
Modérée 47,5 fois les dépenses (1 431 885 €) 47 fois les dépenses (1 409 180 €)
Cadre 32 fois les dépenses (954 346 €) 31,5 fois les dépenses (939 697 €)

Les deux options demandent presque le même capital : l'écart est inférieur à une fois les dépenses annuelles, avec un léger avantage à 67 ans. Les trois années de pension gagnées à 64 ans compensent à peu près la décote sur le capital requis, mais la décote reste ensuite acquise sur toute la croisière. C'est pourquoi le protocole retient 67 ans : à capital quasi égal, il conserve la pension la plus élevée pour les années où le portefeuille aura le plus servi.

5. Un revenu d'appoint change beaucoup

Un arrêt à 50 ans n'est pas toujours un arrêt complet : une activité réduite, moins payée, sans la contrainte d'un plein temps, en fait partie. Le moteur la modélise comme un salaire fixe, imposé comme tel, versé de 50 ans jusqu'à un âge de fin. Capital requis pour 90 % de réussite, en multiples des dépenses annuelles, avec un revenu brut de 21 876 € par an (l'ordre de grandeur d'un SMIC à temps plein, soit environ 16 100 € nets avant impôt dans le modèle) :

Revenu d'appoint Pension 0 % Pension 25 % Pension 50 % Pension 75 %
Aucun (référence) 60,5 × 50,5 × 41 × 32 ×
21 876 € brut par an, de 50 à 59 ans 54 × 44 × 34,5 × 25 ×
21 876 € brut par an, de 50 à 63 ans 51,5 × 41,5 × 32 × 22 ×
10 938 € brut par an, de 50 à 59 ans 57,5 × 48 × 38 × 28,5 ×

Dix années à ce revenu rapportent environ 161 000 € nets et réduisent le capital requis de 195 000 à 210 000 € pour 30 000 € de dépenses. Le revenu vaut plus que son montant, parce qu'il tombe pendant les années où le portefeuille est le plus vulnérable. La moitié du revenu produit moins de la moitié de l'effet : 75 000 à 105 000 € de capital en moins.

Ce tableau ne compte pas les trimestres et les points que cette activité continuerait d'acquérir, puisque la pension y est une entrée : la pension réelle serait plus élevée que celle de la section 3, et le capital requis un peu plus bas encore.

6. Hypothèses

Le protocole est celui de la page pivot, appliqué au seul âge de 50 ans.

Hypothèse Valeur retenue
Profil Personne seule, aucun revenu d'activité après 50 ans (sauf section 5)
Dépenses Constantes en euros d'aujourd'hui ; 30 000 € par an pour les multiples et les pourcentages
Inflation 2 % par an ; les bases fiscales nominales sont déflatées
Pension En net, en pourcentage des dépenses, versée de 67 à 95 ans (de 64 ans en section 4), constante en euros d'aujourd'hui
Horizon De 50 ans à 95 ans inclus
Critère de succès Toutes les dépenses des années simulées sont financées, sans épuisement du patrimoine
Marchés Rendement réel moyen de 4 % par an pour la poche actions, volatilité effective d'environ 15 %, régimes alternés, chocs à queues épaisses
Répartition du patrimoine PEA 60 %, compte-titres 25 %, Livret 15 % ; enveloppes investies à 100 % en actions ; Livret à 1 % réel
Frais et autres enveloppes 0 % de frais ; aucun PER ni assurance-vie
Plus-values latentes 50 % de la valeur du PEA et du compte-titres à 50 ans
Fiscalité Millésime 2026 : PFU à 31,4 % sur le compte-titres, prélèvements sociaux à 18,6 % sur un PEA de plus de 5 ans ; seule la part de gain d'un retrait est taxée (ce que l'impôt prend sur chaque retrait)
Ordre des retraits Logique d'enveloppes du moteur (dans quel ordre les enveloppes sont vidées)
Carrières de la section 3 Début à 22 ans, progression réelle de 1 % par an, salaires de 0,6 et 1,5 fois le plafond de la Sécurité sociale 2026 (48 060 €)

Méthode : pour chaque case, le capital est trouvé par dichotomie, en rejouant les mêmes 2 000 trajectoires à chaque essai ; 90 % exige au moins 1 800 réussites sur 2 000, vérifiées avant tout arrondi. Les multiples sont arrondis au 0,5 le plus proche, soit 15 000 € pour 30 000 € de dépenses ; les montants en euros de la section 1 en découlent. Le taux simulé dépend des hypothèses du modèle : ce n'est pas une probabilité réelle garantie.

7. Limites

8. Reproduire ces chiffres

Le moteur de projection HorizonB est déterministe : à version du modèle, hypothèses et graine aléatoire identiques, il produit exactement les mêmes trajectoires. Les capitaux de cette page ont été générés le 21 septembre 2026 avec la version du modèle de cette date, le millésime fiscal 2026, la graine 20260720 et 2 000 trajectoires par évaluation ; la ligne 50 ans de la page pivot, générée le 17 septembre 2026, est retrouvée à l'identique. La graine seule ne suffit pas à reproduire ces chiffres après un changement de modèle.

Les pensions de la section 3 ne font intervenir aucun aléa : elles se déduisent des droits CNAV et AGIRC-ARRCO acquis à 50 ans, puis des prélèvements sociaux sur pension et de l'impôt sur le revenu à une part. Les formules de marché, de fiscalité et de retraite appliquées sont celles publiées dans les pages méthodologie liées depuis cette page.

Sources

Source Apport principal
Assurance retraite, âge de départ Âge légal, durée d'assurance requise et taux maximum automatique à 67 ans.
Urssaf, plafonds de la Sécurité sociale Plafond annuel 2026, ancre des deux carrières de la section 3.
Agirc-Arrco, cotisations 2026 Tranches et taux de calcul des points.
Service-Public, évolution du taux du prélèvement forfaitaire unique Taux du PFU porté à 31,4 % au 1ᵉʳ janvier 2026.
Bengen, 1994, Determining Withdrawal Rates Using Historical Data Article fondateur de la règle des 4 %, sur des retraites de 30 ans.

Liens vérifiés le 21 septembre 2026.

Correction ou audit

Cette page publie des résultats de simulation conditionnels aux hypothèses de la section 6. Pour proposer une correction, indiquez l'hypothèse ou le chiffre contesté, la valeur proposée, la source, et si possible un calcul reproductible ; la version du modèle, la graine et le protocole publiés ci-dessus identifient les conditions de reproduction de chaque case.